RADON : L’HISTOIRE SANS FIN....

jeudi 14 septembre 2017

Il était une fois une charmante petite bourgade de montagne aux attraits multiples et variés. Soleil, activités de pleine nature, commerces bios, habitant-e-s conviviaux-iales... tout pour séduire à l’exception notable d’un sous sol mortifère.
C’est à la fin du XIXe qu’on démontra en effet formellement, chez des mineurs en Allemagne, le lien entre exposition au gaz Radon et symptômes pulmonaires ; on sait aujourd’hui que ce gaz naturel radioactif généré par les sous-sols granitiques, volcaniques ou uranifères constitue la deuxième cause de cancers pulmonaires.

Confrontés également dans plusieurs états aux émanations de Radon en provenance des profondeurs les Ricains se sont empressés d’établir des mesures, des normes, des appareils, des règles, une législation pour cadrer l’exposition des un-e-s et des autres à cette saloperie géologique. 200 Bq/m3 ou Becquerels par mètre cube d’air est aujourd’hui le seuil maxi de tolérance en Amérique du Nord, Canada compris.
Bon, en ce qui concerne les enfants, malades et les femmes enceintes c’est un peu au delà des préconisations de 100 Bq/m3 de l’OMS mais chacun fait ce qu’il peut messieurs dames et avec un seuil de tolérance de 400 Bq/m3*, la France fait à ce niveau plutôt figure de mauvaise élève. Seule une partie du territoire est concernée par la présence de ce Gaz mortel puisque 30 départements ’’seulement’’ sont sur la liste rouge et, s’il est vrai que la France doit s’aligner sur les normes Européennes de 300 Bq/m3 en 2018, on notera que personne ne s’est soucié jusque-là de ce poison incolore et inodore dont des centaines de millions de personnes se méfient pourtant comme de la peste à travers le monde.
Pour notre paisible petit village tout commence lorsque l’organisation syndicale SUD-éducation obtient le 08/12/2015, non sans difficultés, que l’obligation de mesures dans les établissements scolaires soient rappelée à l’ensemble des municipalités du département(1). Au conseil municipal du petit village, contrairement au reste du département, on joue le jeu et une société spécialisée est diligentée pour effectuer des mesures dans l’école au cours de l’hiver qui suit. Patatra...
908 Bq/m3 dans le dortoir des petits...(2).
L’organisation syndicale impliquée dans ce dossier agite le drapeau rouge(3), services de l’éducation nationale et mairie du petit village réagissent ; les premiers expliquent que les mesures sont certainement biaisées par le mauvais temps des dernières semaines, appliquent pour la forme un petit coup de silicone entre les joins du carrelage du dortoir, demandent au personnel de l’école d’éviter d’y coucher les minots et d’ouvrir régulièrement les fenêtres ; les seconds organisent une nouvelle série de mesures durant l’hiver 2016/2017(4) pour vérification.
Mauvais temps et silicone n’y peuvent rien et malgré une volonté manifeste des services de l’éducation nationale de faire disparaître sous le tapis les molécules de Radon les nouveaux résultats tombent...ou disons plutôt qu’aidés par SUD éducation des parents d’élèves inquiets et obstinés on réussi à obtenir par la bande et à faire connaître : 1224 Bq/m3 !...(5).
Accompagneriez-vous votre chérubin cartable au dos jusqu’au portail de cette école en toute bonne conscience ? Au petit village des parents d’élèves bouleversés et en colère s’interrogent(6).
C’est la grise mine à la mairie, la loi impose une mise aux normes mais les devis tardent et la tentation de ne pas se précipiter à diligenter les onéreux travaux est grande ; on est ric-rac comme partout que voulez-vous. Du côté des services de l’éducation nationale, responsables de la sécurité des usagers de l’école, c’est également une épine dont on voudrait bien ne plus entendre parler, peut être parce que des dizaines d’autres établissements pourraient être concernés par la présence de ce poison(7) et que, là encore, on avait pas prévu d’affecter des moyens pour empêcher l’exposition des enfants et des personnels. On est ric-rac comme partout que voulez-vous.
Et l’histoire en est ’’là’’...la suite reste à construire, collectivement, pour que nous affrontions ensemble la réalité très grave de la présence de ce gaz dans le département. Pour imposer que la loi soit respectée, pour que les obligations de mesures soient exigées, pour que la réalité sur l’exposition dans les bâtiments que nous fréquentons soit établie, nous avons besoin qu’une prise de conscience massive se fasse et que chacun-e y contribue. Vous aurez ainsi le loisir d’intercéder dans la suite des pérégrinations du petit village qui, souhaitons-le, trouvera une façon de surmonter cette épreuve.
C’est un scandale qui couve, convenons que nous ne pouvons pas laisser faire.

* Article R 1333-15 et 16 Code de la santé publique.
Article L4141-1 et suivants du Code du travail.

(1),(2),(3),(4),(5),(6),(7) : sources sures.


Brèves

15 octobre 2015 - CHSCT-05

Chaque membre doit être joignable pour toute question relative aux conditions de travail ; pour (...)